LAÏCITE

 

Explication de vote par Jean Glavany
Assemblée nationale
Séance du mardi 10 février

M. Jean Glavany

Nous devons cultiver le doute et faire preuve de modestie.

Cette loi était devenue nécessaire car un certain nombre de problèmes se posent dans des établissements, la communauté éducative nous a de plus adressé un appel pressant, enfin, l'offensive de certains milieux intégristes, certes limitée, a néanmoins défié la République.

Les socialistes ont donc abordé ce débat dans un esprit responsable et constructif.

La loi est protectrice pour les enfants, qui doivent être égaux dans une classe et dont les consciences doivent être protégées des influences religieuses.

La loi est émancipatrice pour les jeunes filles qui doivent accéder à l'égalité, pour celles qui ne portent pas le voile et qui nous demandent de les aider.

Les socialistes ont déposé trois amendements. Le premier visait à ce que le titre de la loi ne fasse pas référence à la laïcité, qui ne se limite pas à l'interdit. Nous avons été entendus. 

Le deuxième tendait à ce que le dialogue, préalable à toute sanction, soit inscrit dans la loi. La mission de la République, en effet, n'est pas d'exclure, mais d'intégrer. Nous avons également été entendus.

Le troisième tendait à remplacer « ostensibles » par « visibles », comme l'avait souhaité la mission parlementaire. En effet, les professeurs, dans leur grande majorité, veulent une règle simple alors que, dans un souci de compromis avec des forces qui ne sont pas représentées ici, vous avez tenu à ce que les signes religieux discrets soient autorisés. Qui jugera de leur caractère discret ? Les chefs d'établissement refusent précisément les appréciations à géométrie variable.

Voilà pourquoi, même si nous apprécions que vous ayez retenu la proposition d'une évaluation à un an, nous exprimons un doute sur l'efficacité de la loi.

Les débats ont permis des échanges fructueux et une notable amélioration du texte, que le groupe socialiste votera donc. Mais notre « oui » sera vigilant et exigeant, car il ne s'agit pas d'un débat ponctuel, clos après ce vote. Les replis communautaristes qui nous inquiètent ont un fondement précis, et connu : ce sont les inégalités, l'exclusion et les lacunes de notre système d'intégration. La laïcité, c'est un combat constant pour la République sociale, et ce combat-là ne cessera pas avec ce vote.

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